Aujourd'hui même ma froideur de façade dissimule si bien mon ravissement intérieur qu'on pourrait presque en inférer que je tire la gueule.
C'est pas faux.
Le problème, tu vois, c'est que ton sourire sonne tellement faux...
Quand tu es parmi la foule, l'embaumant de ton mépris si simple, ta haine non dissimulée;
tes paroles disloquées frappent l'air avec violence et trouvent la paix en moi, caressent ma peau et me touchent du bout des doigts comme par peur de m'abimer.
Ta haine trouve refuge dans mes souvenirs, s'efface dans chacun de mes sourires,
ton corps semble être un prolongement du mien et ta voix me berce de ses peines.
Je parait être la seule à ne pas être affligée par toi, tu m'épargne de tes critiques acerbes et incisives, fumée d'acétone dans les poumons,
une gorgée de derniers instants, jeu insipide avec la mort, au creu de tes bras durs, un goût d'eternité et d'impossible..
Graciée par ton inhumanité, tu me laisse voir ta solitude démesurée, ce besoin de liberté, de n'appartenir à rien ni personne, ton besoin de detester les autres pour ne pas qu'ils te renvoient cette image de toi;
cette image de toi seul et violent, les mains collées au mur, la tête enchevêtrée au plus profond de tes bras, la sueur et les larmes emmelées enflammant ton visage et s'annihilant sur l'asphalte.
Seul dans une nuit d'encre, seul avec moi dessinant des étoiles du bout des yeux, te tenant une main bouffée de n'être jamais touchée par personne, je serais là, respirant ton odeur comme une douce effluve glacée, et ta main serrera la mienne plus fort que de raison,
tu me briseras les os de ton amour, et la musique eclatera nos crânes trop habitués au silence ou à la cacophonie des êtres et de la vie.
Le ciel parfait de mes étoiles et de cet air pénétrant éclairera le sillon de ces larmes creusant ton visage, tu m'enlaceras et nous danserons sans que nos pieds touchent terre, nous seront au dessus du monde, et tu me sourira, en un instant mon coeur se broiera, se brisera contre ta peau indomptée; ce sera le début pour toi, mon ange, la fin pour moi...
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, ce monologue est terminé.